I stumbled to my feet
Par Ellis, vendredi 1 janvier 2010 à 02:57 :: General :: #71 :: rss
J'appuie sur le petit triangle blanc et la musique, déclic, détonante, étonnante, dans les écouteurs. Je n'ai pas l'habitude. Je ne veux pas m'habituer.
Je passe un pont, puis un autre, et encore un autre. Il y a du soleil, la neige commence à fondre, mais mes pieds glissent de temps en temps sur les plaques durcies. Les pavés qui émergent font des taches de couleur humide. C'est encore, comme à Chicago, Changing of the Guards chantée par Patti Smith qui joue en boucle, que je cale au fond de mes oreilles, pour faire résonner tout mon corps, jusqu'au cœur. L'association s'est faite seule : neige et gardes. Je ne sais pas pourquoi cette incohérence manifeste me parle tant. Ça m'a prise d'un coup, et c'est devenu une sensation à part, réflexe.
Je suis infiniment seule dans cette ville que j'aime infiniment.
Il y a, plus tard, un homme à mes côtés, dont la présence est fausse, qui affiche des photos qui ne lui ressemblent pas, qui se ment grossièrement, quelqu'un qui m'est devenu étranger. Je trouve soudain absurde de lui montrer cette ville qu'il ne comprendra pas, vain de lui parler quand je n'ai plus rien à lui dire. Je me tais et fais musique. Il refusera le fil de l'écouteur. Plus de lien, plus rien.
Je l'étreins, quand même, et seule encore, pour la tendresse, même volée sur un quai. Ça pourrait être déchirant, ça pourrait me briser, mais non, c'est tout juste dommage, tout juste médiocre. C'est bien fini.
Je rentre à pied, en passant un pont, puis un autre, et encore un autre. La neige a complètement fondu sous la pluie. Je suis lasse. Amsterdam et son léger duvet blanc vaut bien Chicago emmitouflée et la voix rauque de Patti Smith m'ouvre l'univers.
Je passe un pont, puis un autre, et encore un autre. Il y a du soleil, la neige commence à fondre, mais mes pieds glissent de temps en temps sur les plaques durcies. Les pavés qui émergent font des taches de couleur humide. C'est encore, comme à Chicago, Changing of the Guards chantée par Patti Smith qui joue en boucle, que je cale au fond de mes oreilles, pour faire résonner tout mon corps, jusqu'au cœur. L'association s'est faite seule : neige et gardes. Je ne sais pas pourquoi cette incohérence manifeste me parle tant. Ça m'a prise d'un coup, et c'est devenu une sensation à part, réflexe.
Je suis infiniment seule dans cette ville que j'aime infiniment.
Il y a, plus tard, un homme à mes côtés, dont la présence est fausse, qui affiche des photos qui ne lui ressemblent pas, qui se ment grossièrement, quelqu'un qui m'est devenu étranger. Je trouve soudain absurde de lui montrer cette ville qu'il ne comprendra pas, vain de lui parler quand je n'ai plus rien à lui dire. Je me tais et fais musique. Il refusera le fil de l'écouteur. Plus de lien, plus rien.
Je l'étreins, quand même, et seule encore, pour la tendresse, même volée sur un quai. Ça pourrait être déchirant, ça pourrait me briser, mais non, c'est tout juste dommage, tout juste médiocre. C'est bien fini.
Je rentre à pied, en passant un pont, puis un autre, et encore un autre. La neige a complètement fondu sous la pluie. Je suis lasse. Amsterdam et son léger duvet blanc vaut bien Chicago emmitouflée et la voix rauque de Patti Smith m'ouvre l'univers.
Commentaires
1. Le vendredi 29 janvier 2010 à 20:44, par Marion
2. Le vendredi 29 janvier 2010 à 21:13, par Ellis
3. Le samedi 30 janvier 2010 à 22:21, par Marion
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