Le temps de retrouver ma mise en page initiale, camping et boîtes de conserve. Maudits soient les attaques de serveur-hébergeur et les fichiers .php.
mercredi, avril 1 2009
Nos crânes aux lunes creuses
Par Ellis le mercredi, avril 1 2009, 21:46 - General
Quelle différence entre mon crâne et le tien, chérie ? Quel cadavre te ronge vivante, beauté ? Étreins mes os, mon amour.
Sans dégoût, pourtant. Cette évidence de marbre me laisse simplement songeuse.
lundi, février 23 2009
The place of mirrors
Par Ellis le lundi, février 23 2009, 20:46 - General
Green Mill
La femme blonde ressemble, de profil, à l'actrice des Ailes du Désir de Wenders. Elle ne regarde jamais l'orchestre de jazz manouche enfiévré, parcouru de sursauts. Grave. De face on voit qu'elle a un visage plus ovale et plus fin, des cheveux plus longs, un manteau de fourrure. Beauté slave et mélancolique, joue avec sa coupe de rouge et sourit imperceptiblement quand les applaudissements bourdonnent. Dans un autre coin, un couple mêle et entremêle doigts et peau, la jeune femme s'ennuie sans doute un peu, mais ses yeux brillent quand les notes deviennent folles ; derrière eux deux étudiants un soupçon négligés écoutent religieusement. Tous projetés, et moi avec, au temps de la prohibition et des speakeasies, dans ce bar et club de jazz qui fut le préféré d'Al Capone.
Lake Michigan
D'un bleu tirant sur le vert, glacé. Marcher des heures, tête baissée, éblouie. Ma montre s'est arrêtée à quatre heures et quart. J'ai perdu toute notion du temps et du froid, ne restait que Lake Shore déserte, l'azur lancinant et mes pas mal assurés. Écume et vent : un horizon violent.
Downtown - the Loop
Buildings qui, de près, disparaissaient les uns derrière les autres. Les rues sont toujours aussi larges. Les gens toujours aussi rares. La ville nord-américaine est immensité et solitude. Je comprends mieux ma douleur sans contours, à Montréal.
Appris par cur et murmuré toute la journée Changing of the guards, version de Patti Smith, née à Chicago un jour de tempête.
The Captain is down but still believing that his love will be repaid.
lundi, janvier 26 2009
Headache
Par Ellis le lundi, janvier 26 2009, 20:57 - General
Je voudrais arpenter encore le pavé parisien. Des jours interminables.
Chicago m'attend... je porte ma veste neuve achetée exprès, lourde et épaisse. Un avant-goût, un réconfort... Cette ville me semble folle, et je suis de nouveau amoureuse de l'Amérique. Vivement, vivement.
C'est con, je me demande souvent, ces temps-ci - des temps recroquevillés, coupables, velléitaires - comment j'ai appris à embrasser, si j'ai jamais appris, si on peut oublier. Pas grand monde dans ma vie, non, pas grand monde.
dimanche, novembre 9 2008
Passer sans laisser de trace
Par Ellis le dimanche, novembre 9 2008, 02:17 - General
J'ai entendu les cris de joie lus sur les visages : change has come to America.
Les fleuves étaient en crue il y a quelques semaines. L'eau sur les pierres. L'eau près de nous. L'enfant serre plus fort la main de sa mère.
Je n'aurai pas d'enfant. Je l'ai su avant-hier parce que c'était mon anniversaire et que j'ai pensé : j'atteindrai un jour l'âge auquel ma mère m'a eue. Je renonce à tout ce qui pourrait me retenir et qui ne me retiendra pas. Je m'efface des mémoires avant que les mémoires ne m'effacent. Je défais les cordes fil à fil. Et j'entre dans ma vie.
Les fleuves se sont rangés dans le corset serré des berges. L'enfant lâche la main de sa mère et s'échappe en courant.
dimanche, septembre 21 2008
Infiltration
Par Ellis le dimanche, septembre 21 2008, 17:07 - General
Et puis vient l'automne et son rideau de velours et j'entreprends de grands travaux amoureux. Nous ne pouvons nous aimer que dans le noir.
samedi, septembre 6 2008
Leidsegracht
Par Ellis le samedi, septembre 6 2008, 23:36 - General
Les jours étaient gris. Puis lumineux. Tristes, et heureux. Infinis !
Briques everywhere, jusque dans la forme des maisons, hautes et étroites ; tordues et chancelantes en apparence, mais centenaires. Vénérables vieilles folles, on s'accroche désespérément à vos mains courantes, dans ces escaliers trop raides qui vous servent de jupons empesés.
L'eau lisse des canaux émoussait les arêtes. Je me souviens d'une association insolite de mots, tout à coup : rectangulaire et lyrique. C'était ça, vraiment ça.
Je pensais souvent, je vivrais bien ici. Bien.
dimanche, juillet 20 2008
Et la réalité rugueuse à étreindre
Par Ellis le dimanche, juillet 20 2008, 16:30 - General
Je fais un peu tout. Désinvolte, mais pas nonchalante. Organiser concerts comme voyage chez mon père, écrire à Max et ne pas écrire. Il paraît qu'il fait froid à Amsterdam. Pas d'été. Je me dis que tu ne répondras pas. Pas grave ? Pas grave. Diplôme en poche. Enfin. Et fin.
Il fait parfois froid, ici aussi.
lundi, mai 19 2008
Et le cerveau tombe qui a tant roulé
Par Ellis le lundi, mai 19 2008, 20:35 - General
Examens. Découvrir des salles sombres, inconnues, au bout de couloirs interminables, et argumenter pendant trois-quatre heures. Machine à disserter. Automatisme de l'introduction-conclusion. Stress. Mes cheveux qui tombent. Un peu. Mais mes bras bronzés : lire de gros volumes scolaires au parfum aigre, lunettes de soleil sur le nez.
(Vivement la fin, quand même)
lundi, mai 5 2008
What better place than here
Par Ellis le lundi, mai 5 2008, 01:18 - General
Crache sur scène et récite des vers. C'est comme ça que j'aime la poésie, vécue, dans la rage comme dans le sublime.
Rage Against the Machine, d'ailleurs. Montréal. Besoin irrépressible de musique qui hurle, besoin d'une onde qui fasse de moi un tambour. Tympans, ventre, nuque. Tout plié, agité, secoué. Tout bien vivant.
It has to start somewhere
It has to start sometime
What better place than here
What better time than now
Caroline sort mercredi.
lundi, avril 7 2008
L'eau lourde
Par Ellis le lundi, avril 7 2008, 00:28 - General

La jeune martyre, Delaroche
C'est n'importe quoi. Je parle de Bérénice, de noyées, je repense à cette peinture obsédante de beauté trouble, je mets un billet hors ligne en attendant d'avoir envie de parler d'eau lourde et de Marie Curie qui la manipulait, de méduses radioactives qui flotteraient autour de nos épaves coulées, tout ça ; et puis Caroline essaye de se tuer un dimanche soir.
samedi, mars 1 2008
La première fois qu'Aurélien vit Bérénice...
Par Ellis le samedi, mars 1 2008, 22:11 - General
Guy Béart chante ma chanson, devenue celle de Bérénice.
Il y a longtemps que je t'aime
Jamais je ne t'oublierai
Le seul souvenir de cette chaleur fait paraître la chambre plus froide. Ta voix au bout du fil. Je ne suis pas Bérénice. Je faiblis, cède, et concède. Mon visage n'est pas le masque d'une noyée. L'absolu ne me tuera pas avant d'avoir tout arraché, aspiré, fatigué et usé. Lutter contre le courant, toujours. Je ne suis pas Bérénice : je veux vivre. Qui ne fait mieux que sa vie ?
dimanche, décembre 2 2007
The rest will flow
Par Ellis le dimanche, décembre 2 2007, 20:35 - General
Le vent en traversant le pont, à peine frais, encore un peu tiède, chaque cheveu de ma tête décolle et voyage. C'était il y a longtemps. Plusieurs jours.
Une vieille dame, minuscule vieille dame, silhouette de volcan éteint ramassée dans un épais manteau de fourrure rayée, fragiles mèches de coton effilochées sur le crâne ; furieuse, méchante petite vielle dame qui soudain vocifère une insanité suraigüe à l'adresse de la jeune femme dont le tort est d'avoir croisé son regard.
Et puis ce texte, notre texte.
On était toutes les deux là, assises dans l'herbe, et on regardait. Un été, nos quatorze ans, ça fait loin quand on y pense, à s'inventer les lignes droites d'une histoire, d'une vie, quelque chose qui tienne la route enfin.
Moi je me souviens juste qu'on était assises dans l'herbe, qu'un rayon de soleil me faisait peur sur ta peau trop blanche, et qu'on parlait de la vie comme d'une saison à venir.
Tu te retenais de rire... et je savais les tours et détours que ça prenait, de te faire céder, de t'emporter un peu dans cette chute du grave à l'aigu, ton rire qui traînait des sons de pas prudents sans être perdus. On se déchirait souvent. C'était ma violence apprise ; c'était ce que tu voulais prendre au monde. Et quand je repense aujourd'hui à nos heurts, je retrouve tout, intact, parce que c'est encore moi, les silences l'angoisse, les nuits blanches à espérer notre réconciliation, et la joie indicible d'être encore ton amie.
C'est drôle tu sais, sept ans à te savoir vivre si loin, absorbée par un parallèle quon dit hémisphère, courbée par les souvenirs, déformée peut-être. Mon coeur te rend mienne à chacun de tes mots.
J'ai oublié ce dernier jour, la salle d'attente bruyante de l'aéroport, ce téléphone où je n'entendais pas ta voix, et la mienne, faible, qui disait, quoi ? J'ai gardé le bout de papier arraché à une enveloppe et glissé secrètement dans mon sac ; je me demande si ton écriture est toujours aussi ronde.
Tu vois, c'est encore l'unique moyen que j'ai de m'appréhender, en écho, à travers toi, à travers l'autre : j'aimerai toujours davantage le monde en moi que moi dans le monde.
mardi, novembre 27 2007
Pièces
Par Ellis le mardi, novembre 27 2007, 22:40 - General
dimanche, novembre 11 2007
D'un coup
Par Ellis le dimanche, novembre 11 2007, 20:27 - General
Il faut que je relise Les Faux-monnayeurs.
(Et l'hiver me fait revoir Eyes Wide Shut.)
samedi, octobre 20 2007
Univers
Par Ellis le samedi, octobre 20 2007, 19:02 - General
A défaut de mots, ces sons familiers.
dimanche, octobre 14 2007
Editions Le Cri
Par Ellis le dimanche, octobre 14 2007, 12:16 - General
Je regarde maintenant ces pages qui se tendent, derrière un écran. Il y a peut-être des élans qui ne se perçoivent que dans la distance.
samedi, septembre 22 2007
Norman Bethune Square
Par Ellis le samedi, septembre 22 2007, 12:57 - General
Comme pour m'encourager encore : Christopher DeWolf revient sur l'histoire du square où il a pris la photo que j'ai placée en bandeau ici (et qui m'accompagne ailleurs).
Norman Bethune Square, a tiny triangle wedged between the intersection of Guy St. and de Maisonneuve Blvd., is Montreals shittiest square. I mean that literally: it quite possibly has more pigeon shit per square inch than any other public space in the whole of Greater Montreal. I have no idea why pigeons like this place so much, but its almost like an homage to Trafalgar Square, filled as it is with twitchy flocks of little grey birds.
samedi, septembre 15 2007
...
Par Ellis le samedi, septembre 15 2007, 15:05 - General
Je reste avec mes questions. Et toi tu es morte.
samedi, septembre 8 2007
Lift your skinny fists like antennas to heaven
Par Ellis le samedi, septembre 8 2007, 18:41 - General
Rayon produits laitiers de mon supermarché, cet après-midi : regarder les néons blafards et avoir envie de dresser les poings en hurlant sur du Tool.
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