dimanche 21 septembre 2008
Infiltration
dimanche 21 septembre 2008 à 17:07
Ma fenêtre fuit. Tout est vieux et usé ici, le plastique des rainures laisse passer la pluie violente des orages. Flaque sur le rebord intérieur, en rentrant. Impression de mousson, et air de misère, avec mes serpillères à tordre en vitesse dans la baignoire inutile. J'achète du mastic des gants du papier de verre, et je pars en quête de joints en PVC introuvables. Résignée. La lumière faiblissante, fraîche, de l'automne rachète tout : elle occulte les salissures, les taches d'humidité, les fêlures, tout ce contre quoi je lutte et renonce successivement. En été, quand la lumière parvient à blesser les murs du fond, tout ressort, comme une peau abîmée au petit matin, après les mensonges de la pénombre. Et c'est ma peau qui me démange, je serre les poings : je pourrais cogner les murs qui s'effondreraient, leur arracher ce papier qui partirait si facilement, ce parchemin gris malgré la peinture blanche, si facilement se décollerait par pans entiers, lambeaux d'existence sordide, saleté enfouie que l'eau de javel n'inquiète même pas, saleté ! A gratter, à écorcher, à détruire ! Mal-être et violence.
Et puis vient l'automne et son rideau de velours et j'entreprends de grands travaux amoureux. Nous ne pouvons nous aimer que dans le noir.
Et puis vient l'automne et son rideau de velours et j'entreprends de grands travaux amoureux. Nous ne pouvons nous aimer que dans le noir.