In memoriam

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mardi 29 août 2006

Lyon demain, et il a cessé de pleuvoir

Tout près de moi il y a lui qui dort. Seul le haut de sa tête émerge du repli chaud de la couverture. Je pose ma paume au creux de ton rêve ; ton sommeil est un mystère insondable.

Ce fil de mots qui s'emmêle dans mes jours les deux poings sur les hanches, début d'une phrase, d'un roman, d'une vie? Début en tout cas.
J'aime tant les mots de Marion parce qu'au bout il y a autre chose qu'eux-mêmes, l'intensité et le monde (l'intensité du monde).

Je voudrais dire aussi, quand ses sourcils font comme un serpent ondulant sur son front. Mes mains qui passent, c'est pour tenter d'apprivoiser seulement.

samedi 26 août 2006

And I live by the river

Alexandrine à Paris.
Si c'était juste la peur de la solitude... Je n'ai pas peur d'aimer pourtant, et Holden disant Never tell anybody anything. If you do, you start missing everyone. non plus, personne, personne ; on a juste peur de mourir seul, malgré l'autre, malgré soi.

Laure, quand elle me parlait d'elle, elle baissait les yeux.

mardi 22 août 2006

Combats ordinaires

Rien à dire. Tout à ressentir


vendredi 4 août 2006

A rebours

C'est peut-être cette locution d'Huysmans qui me convient. (Ca n'a pas grande importance, se chercher sans se saisir, l'introspection et l'intérieur aliénant mais bien à soi ; mais j'ai mal quand je ne me trouve pas au-dehors.)

A rebours parce qu'on me dit et je lis, la poésie c'est l'adolescence de la littérature, l'exacerbation la douleur et cætera : des crises d'hormones sentimentales. Pourtant mon adolescence littéraire à moi... froideur affectée (l'expansion, médiocrité! silence et dents serrées et cætera). Tout faux. Tout masqué. Dissonant. Mon amour de la prose : propre, sèche. Kafka était mon modèle. Ca ne me rendait pas plus heureuse.

Maintenant, je ne me sens à l'aise que dans la poésie, j'y ressens, j'y vis : ces mots-là nourrissent. Je la sais adulte, simplement parce qu'elle ne rejette pas l'émotion dite au profit de la sain(t)e suggestion (détours, longs détours!). Je me sens adulte alors, et, chose impensable il y a quelques années encore, le mot est neuf et agréable. Ni l'originalité ni l'intérêt ne résident dans le caché, dans le retenu. C'est de la forme pure, tout ça. Je ne conçois l'écriture que comme partage, c'est-à-dire, généreuse, naïve s'il le faut, mais qui s'offre. Oh je ne suis pas généreuse, moi-même, mais je ne me résigne plus à ne me voir que comme égoïste (au mauvais sens du terme, quand on n'écrit pas une phrase sans imposer au lecteur l'effort d'enjamber le filtre, de voir au-delà du masque. Ca fait un peu beaucoup course d'obstacles pour enfin se donner comme trophée, je trouve ; et j'hésite entre l'abattement et la colère quand j'attends le familier elle/il est faussement méchant, en réalité il/elle est profondément gentil (Non, je ne pense pas que la récompense soit toujours à la hauteur de la peine)).

(Quant aux vraiment méchants qui ne cachent rien, eux, je crois que je n'en connais aucun.)

Lisez Marina Tsvétaïéva (supplique).