In memoriam

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mercredi 30 septembre 2009

Vu du ciel

La mort de M. Jackson sur tous les écrans. Les hélicoptères suivent l'ambulance, puis le corbillard qui transporte le corps dans son cercueil. Obscénité de cette poursuite d'en haut, de notre regard contraint d'imiter celui d'un Œil tout-puissant, balayant impitoyablement la surface du globe, traquant la forme humaine sous le drap blanc, la mort sous l'or fin et les roses par kilos. La Terre vue du ciel, c'est donc aussi ça. Ce qu'il reste de nos deuils : un voyeurisme vaguement coupable, excusé par le nombre des regards embarqués à bord.

Toujours je l'entendrai

A la télé, un vieux Japonais chante avec affectation Les feuilles mortes, au pied des cerisiers en fleurs. Il dit, en écartant grand ses lèvres : si je chante si bien en français, c'est que je n'ai plus de dents.

Les pigeons roucoulent, de l'autre côté des larges fenêtres de la bibliothèque. Bruit de claviers pianotés et de livres qu'on feuillette. Poussière sur les doigts. Thèses médicales de la fin du XIXe qui détaillent, entre autres, les terribles méfaits de la masturbation. Prospectus pour eaux minérales miraculeuses. Je flotte entre passé écorné et avenir : me verrais bien travailler ici, vraiment.

Je ne sais pas "gérer" mes relations aux hommes. On gère tout aujourd'hui. Les budgets comme les amours. Toujours sur la défensive, retenant mon agressivité, mal, la contenant entre les limites floues de l'ironie et de sourires finauds. Je leur arracherais bien les yeux, si je pouvais, ces yeux qui me rouent de coups. Je m'étonne d'avoir été heureuse dans des bras masculins, qu'il y ait eu des bras d'homme autour de moi.

Bizarre, cette manière qu'a le passé de s'affranchir de ma volonté. Il devient autonome, grandit, enfle sans moi. Mon passé fait sa crise d'ado et je n'aurai jamais d'autre enfant.

vendredi 25 septembre 2009

Reviendue

(Plein de billets prêts à poster ; ça m'a manqué mine de rien. Pas de visages à mettre derrière les quelques commentaires, mais le manque, bien là.)

(Merci Laurent, pour avoir joué les démineurs).