In memoriam

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dimanche 17 décembre 2006

Arizona Dream

- What do you think?
- I think two wrong don't make a right.
- Meaning what?
- Meaning us: two wrongs.

Arizona Dream by Emir Kusturica

vendredi 15 décembre 2006

Long distance call

A la suite d'Olivier, Laurent, Hervé, Alcib et Aurélie, un billet sur le thème des "Rencontres par Internet".

Dans ce livre pour enfants lu cet été à la bibliothèque de la Part-Dieu, Section Jeunesse, au milieu des mères à poussettes et des enfants qui poussent ; il y a cette phrase

On fait toujours un voyage quand on aime quelqu'un.

C'est drôle à quel point elle résume ma vie. Montréal, Genève, Nice, Bruxelles, Paris, la ville est une rencontre. Le thème pourrait être abordé techniquement, on pourrait dire qu'Internet est un point de départ, qu'on élargit ses horizons en fixant la fenêtre d'un écran. Ce serait vrai tout ça, mais ça créerait une spécificité, une originalité, ça sous-entendrait que c'est étrange, d'aller à la rencontre de ces amis inconnus, de ces amours aveugles.
Qui n'imagine pas l'autre, qui n'invente pas sa vie? La réalité, c'est la présence qui donne corps à l'imagination, et rien d'autre. Je ne conçois pas ma vie sans l'élan vers l'autre, sans ce passage de l'étranger au familier ; simplement il arrive parfois que dans la distance l'écho soit plus palpable : plus nécessaire.
J'aime à penser que je vivrai encore autant de voyages que d'amitiés ; j'ai pensé que la mort était le terminus, il faut croire que je suis descendue une station trop tôt.

Le livre, c'était Laure qui m'en avait parlé, et il s'appelle Avec tout ce qu'on a fait pour toi, de Marie Brantôme.

mercredi 13 décembre 2006

Lavis



Au-dessus de l'ombre noire de la jetée
La lune brille comme une armure.
Sur le quai - un chapeau et une fourrure,
On imagine : un poète et une actrice.

Le souffle immense du vent.
Le souffle des jardins d'hiver -
Et le soupir immense et triste :
- Ne laissez pas traîner mes lettres.


Marina Tsvétaïéva, Les brumes des amours anciennes, in Le ciel brûle

lundi 11 décembre 2006

Strada Paul Bert

Je suis sûre que c'est de l'air venu de Roumanie qui se boit dans le ciel glacé et très bleu, un bleu de regard, qui trouble et qu'on ne fixe pas ; je sais que c'est Bucarest qui s'en vient avec son odeur de brioche chaude, la brioche rare de l'enfance, le parfum qui pénètre la peau et nourrit la mémoire, et dans ma rue les pâtissiers arabes sourient parce que c'est incroyable de savoir et de faire encore semblant, de vendre encore des baklavas couleur sable couleur désert, qui ont un goût de brioche fumante en Roumanie l'hiver, un goût de luxe communiste et d'enfance Mistral gagnant.