mercredi 18 novembre 2009
Ceci est mon corps
mercredi 18 novembre 2009 à 00:06
La peau me manque. Le souvenir d'une en particulier n'est que ressuscité de temps à autre. Besoin général et vaste d'abolir ce périmètre d'isolement, violent, qui nie le désir en le rendant sans objet. Le craquement des vêtements qu'on arrache s'étouffe jusqu'à ne devenir qu'un vague froissement, une écume sale. Le sang ne connaîtra plus de crues subites. La peau se lassera.
Pourtant : mes muscles, palpables, durs, gonflés par l'effort patient et répété, qui ironisent dessous, glissant comme des couleuvres le long des os de pierre. Que je coure torde frappe étire ou roule. Dociles et agiles toujours. Je chéris amèrement ces saines épaisseurs : elles me font dans les regards plus vivante que je ne le suis, mais c'est par elles que je le suis un peu.
Ça manquait de corps ici. Comme un aveu.
Je ne suis pas belle, mes traits sont tout juste quelconques, un peu grossiers. La fragilité ne me siérait même pas.
Mon armure... mes murmures.
Haine de soi ? Oh pas tant que ça.
Pourtant : mes muscles, palpables, durs, gonflés par l'effort patient et répété, qui ironisent dessous, glissant comme des couleuvres le long des os de pierre. Que je coure torde frappe étire ou roule. Dociles et agiles toujours. Je chéris amèrement ces saines épaisseurs : elles me font dans les regards plus vivante que je ne le suis, mais c'est par elles que je le suis un peu.
Ça manquait de corps ici. Comme un aveu.
Je ne suis pas belle, mes traits sont tout juste quelconques, un peu grossiers. La fragilité ne me siérait même pas.
Mon armure... mes murmures.
Haine de soi ? Oh pas tant que ça.